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Formation Entomologie : Arthropodes vecteurs d’intérêt médical et vétérinaire dans la région Sud-Ouest de l’Océan Indien.

L’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) a organisé une formation sur les arthropodes vecteurs d’intérêt médical et vétérinaire dans la région Sud-Ouest de l’Océan Indien du 12 au 21 juin 2023. Elle fait suite aux recommandations issues de l’atelier régional1 « risque vectoriel, changement climatique et santé » organisé par la Commission de l’Océan lndien (COI) en juin 2022 à Maurice.

Comme la précédente formation « Techniques de collecte et d’identification des moustiques d’intérêt sanitaire dans Ia région sud-ouest de l’océan Indien » qui a eu lieu du 7 au 11 novembre 2022, cette nouvelle formation a été organisée à l’lPM à Antananarivo (Madagascar) dans le cadre des actions du réseau SEGA-One Health2 de Ia COI.

Les sessions de formations théoriques et pratiques ont été dispensées par des chercheurs et techniciens spécialisés en entomologie médicale et vétérinaire de I’IPM, du Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et du Groupement de défense sanitaire (GDS) de La Réunion, au sein du laboratoire de l’Unité d’entomologie médicale de l’IPM et sur le terrain.

Huit personnels techniques des services chargés de la lutte antivectorielle à Maurice (Division of Veterinary Services and Vector Biology and Control Division), aux Seychelles (Ministries in charge of health and agriculte), aux Comores (Ministères chargés de la santé et de la production) et à Madagascar (Laboratoire d’analyses médicales de Madagascar et Laboratoire national de diagnostic vétérinaire) ont été sélectionnés pour participer à cette formation.

Cette deuxième formation a permis aux participants d’acquérir des compétences pour l’identification des puces, des tiques et des culicoïdes d’intérêt médical et vétérinaire dans Ia région sud-ouest de l’Océan Indien, mais aussi de maitriser les méthodes de collecte des tiques et des culicoïdes sur le terrain. En guise de complément, des rappels ont été faits sur la biologie, la surveillance et la lutte contre les moustiques, incluant un focus particulier sur les risques sanitaires liés aux espèces invasives. Le tout, selon une approche One Health, dans la mesure où les arthropodes étudiés sont, pour la plupart, vecteurs à la fois de maladies humaines et animales. Les participants provenaient d’ailleurs de ces deux secteurs (santé humaine et santé animale) afin d’assurer un travail collaboratif.

« Les connaissances reçues grâce à cette formation nous permettront de lutter contre les maladies vectorielles qui persistent dans nos pays respectifs telles que le paludisme et la fièvre de la Vallée du Rift à Madagascar », a déclaré Nirharosoa de Borgia RANDRIAMORA, du Ministère de la Santé Publique de Madagascar.

« Je suis ravie d’avoir pu participer à cette formation, auparavant je ne savais pas grand-chose des puces, des tiques et des culicoïdes. Ce cours m’aidera à améliorer l’implémentation de différentes méthodes de surveillance aux Seychelles », s’est exprimée Hillary DESIR, du Ministère de la Santé aux Seychelles.

Thiery NEPOMICHENE, un des formateurs de l’IPM était très satisfait de l’impact qu’a eu cette formation sur les apprenants : « J’ai remarqué qu’à l’issue de cette deuxième formation, les participants ont réussi à mieux comprendre certains points qui étaient encore assez confus pour eux concernant ma thématique qui était les moustiques et en particulier les anophèles »

« J’estime qu’il est important de faire travailler régulièrement ensemble tous les pays sur cette thématique en termes de santé humaine, animale et végétale, parce qu’il y a beaucoup d’interactions entre les îles du sud-ouest de l’Océan Indien. Ces échanges peuvent se faire par voie légale c’est-à-dire par bateau ou avion et même par voie illégale d’où le besoin de trouver des solutions de gestion concernant les maladies transmissibles », dixit Marlène DUPRAZ, chercheure au CIRAD de La Réunion et formatrice impliquée dans cet atelier.

Cette formation au bénéfice des membres du réseau SEGA-One Health de la COI s’inscrit dans le cadre du projet de l’amélioration des capacités de prévention et de riposte des États membres de la COI face aux risques pandémiques et épidémiques pour un renforcement de la sécurité sanitaire au niveau régional et une réduction des effets des épidémies et pandémies. Ce projet est soutenu par l’Agence française de développement et l’Union européenne.

Pour rappel, le réseau SEGA-One Health est le bras armé de la COI en matière de santé publique, santé animale et santé environnementale. Il regroupe plus de 300 professionnels des administrations des États membres de la COI (Union des Comores, la France au titre de La Réunion, Madagascar, Maurice et les Seychelles). Par ailleurs, la COI est une organisation intergouvernementale menant différents projets de coopération tels que : la préservation des écosystèmes et gestion durable des ressources naturelles, la sécurité maritime, l’entrepreneuriat, la santé publique, la résilience climatique, les énergies renouvelables ou encore la culture.

Lien1 : https://www.commissionoceanindien.org/changement-climatique-maladies-vectorielles/

Lien2 : https://segaonehealth.org/